Nouvelle orientation de ce blog

Add a comment

Ce blog reprend après une longue période de silence – je serais tenté de dire : une éclipse. Ce silence s’explique par plusieurs raisons : certaines, historiques ; d’autres, pratiques. Aujourd’hui, il renaît avec une vocation différente, exposée en conclusion.

D’abord, des raisons historiques

En 2013, les énergies du Praxeme Institute ont été mobilisées par les échanges avec la DISIC (Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication). Il nous a été demandé de produire de nouveaux guides : le Guide général, le guide « Approche de l’aspect sémantique » et le guide « Approche de l’aspect pragmatique », complétés par plusieurs fiches de procédés. Tout ce matériel est disponible sur la page « Catalogue » du nouveau site de l’association (site également lancé en 2013).

En septembre 2013, j’ai créé ma société, Praxademia, une SAS au capital de 40.000 €.

2014 a vu le développement intensif de modèles dans plusieurs aspects. Ces modèles ont fourni la base pour l’offre de modèles génériques et de formation de Praxademia. Voir le site de la société.

Ensuite, des raisons pratiques

Au fil du temps nous avons accumulé les canaux de diffusion :

Cela fait beaucoup ! Surtout pour nos faibles moyens.

Il est nécessaire de préciser les rôles dévolus à ces différents canaux.

Le site web du Praxeme Institute est le canal officiel pour la mise à disposition de la méthode ainsi que pour l’annonce des événements et activités de l’association. On n’y trouve que les contenus qui forment la méthode Praxeme et les faits qui lui sont strictement liés.

Le wiki, ancienne version du site de l’association, subsiste et continue de s’enrichir. Il forme une sorte d’encyclopédie sur les questions de pratiques et de transformation des entreprises. Son extension est plus large que la méthode stricto sensu. Il recueille, notamment, des articles et présentations qui peuvent traiter de sujets pas encore intégrés à la méthode.

Les réflexions pratiques ou techniques, sur la transformation des entreprises et sur les systèmes d’information sont publiées sur le site web de Praxademia. Par exemple, les derniers articles traitent de la formalisation des connaissances, de la complexité des systèmes informatiques, du référentiel de description de l’entreprise.

Les listes de diffusion servent aux annonces. Le groupe LinkedIn est le lieu de discussion sur la méthode Praxeme.

À l’avenir, sur ce blog

Ce blog sera réservé aux billets d’humeur et à l’exercice critique. Le prochain post en offre un exemple. Les faits exposés remontent à 2012. Depuis, des proches m’ont dissuadé de publier cette histoire édifiante, pour la raison que la critique est difficilement compatible avec la « communication ». Il est vrai qu’en milieu professionnel comme en société, ce n’est pas de bonne politique que d’analyser trop franchement les choses. Or, comment progresser sans analyser ? La science ne commence-t-elle pas avec les faits objectivement considérés ? Comment pourrions-nous élaborer les bonnes méthodes et dégager les idées d’amélioration, si nous inhibons la réflexion ?

Entendons-nous : il ne s’agit pas de se livrer à une critique gratuite, ni de se délecter à démolir ses semblables. Le jeu serait trop facile et stérile (au sens de la citation de Destouches : « La critique est aisée, et l’art est difficile »). Non, nous prenons le terme « critique » dans son acception première d’examen en vue d’émettre un jugement.

Si nous souhaitons faire évoluer nos pratiques et augmenter notre maîtrise, il nous faut bien commencer par observer – attentivement, objectivement, rigoureusement – la réalité dans laquelle nous évoluons. Nous devons réserver un moment pour cet acte de conscience. Le quotidien nous laisse rarement le répit pour ce moment. Nous nous contentons, donc, de dénonciations qui deviennent rengaines et, par là, inoffensives. Au contraire, le travail méthodologique doit commencer par le moment critique pour, ensuite, élaborer des réponses qui échappent aux platitudes et aux incantations. Dans l’action, nous avons tendance à nous illusionner, à nous croire maîtres des choses plus que nous ne le sommes réellement. Les méthodes, souvent, ne font que renforcer cette illusion. La méthodologie – qui n’est pas la méthode – doit nous apprendre à nous en garder.

Prenons un exemple ! Les réunions. Dénoncer la réunionite est devenu un sport national, depuis des lustres. Quand quelqu’un dénonce le phénomène, tout le monde acquiesce, d’un air entendu, l’air de qui ne s’en laisse pas accroire mais qui n’y peut rien… et qui participera, impuissant, inconscient, au phénomène. Or, il y a beaucoup à dire et à apprendre sur la réalité des réunions. Je ne pense pas tant aux méthodes de conduite de réunions (souvent limitées à des « trucs »), qu’aux études dont nous disposons. Il vaut la peine d’analyser le phénomène de la réunion, sa dynamique, les facteurs qui influent sur son déroulement et ses résultats. Quand on sait le temps que l’on y passe et les enjeux impliqués, on se dit qu’il vaut la peine d’aller plus au fond des choses. Dans certaines organisations, une combinaison de style hiérarchique, de pratiques managériales et de culture d’entreprise aboutit à un blocage complet. Alors, la réunion n’est plus qu’un rite, sans espoir de produire du neuf. Le mot rite n’est pas trop fort : comme le rite, ces réunions se limitent à une fonction de réaffirmation – réaffirmation du pouvoir ou du consensus, peu importe.

Le coût direct des réunions est énorme : à l’échelle de la nation, sans doute plusieurs points de PIB ! Plus grave, il faut aussi considérer les enjeux pour la créativité collective. Ce coût et ces enjeux réclament une compréhension plus pointue du phénomène. Quand nous l’aurons compris, nous pourrons prendre les dispositions pour améliorer cette pratique, en profondeur. Mais pour comprendre, il faut regarder le réel en face et se tenir prêt à dire, parfois, des choses désagréables. C’est ce que nous attendons de l’exercice critique.

Il ne saurait y avoir d’avancées, dans nos organisations, sans cet exercice critique.

Le constat n’est pas nouveau. Après tout, est-ce que la philosophie ne commence pas avec l’ironie socratique (même si on peut faire remonter l’histoire de la philosophie plus tôt, c’est le questionnement socratique qui établit la méthode de la philosophie occidentale) ? Sur le terrain de la critique des organisations, la sociologie, particulièrement la sociologie française, a beaucoup à nous apporter – nous y reviendrons une autre fois. Aujourd’hui, à l’appui de mon discours, je citerai non un sociologue mais un praticien : Yves Caseau, lequel commence son intervention sur l’entreprise 3.0 par un chapitre « Les symptômes » qui ne lésine pas sur la dénonciation des travers organisationnels.

C’est donc la nouvelle vocation que se donne ce blog : exercer l’esprit critique, analyser sans pudeur les phénomènes que l’on observe dans les entreprises et les organisations. Ce travail ne peut pas être mené dans un autre des canaux évoqués ci-dessus. D’une part, il n’est pas question de le mélanger avec la promotion d’une offre de services (Praxademia). D’autre part, ses résultats n’ont pas leur place dans les documents de la méthode, même s’ils les préparent.

Le Père Siffleur

This entry is filed under critique. And tagged with , , , . You can follow any responses to this entry through RSS 2.0. You can leave a response, or trackback from your own site.

  1. No Comments

You must login to post a comment.