Faire simple

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Le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique a lancé une consultation pour recueillir des idées de simplification (voir le site : http://www.faire-simple.gouv.fr/).

Une première proposition a été déposée, sous le titre “Homogénéiser la méthode”. Elle avait été publiée par l’administrateur du site et avait recueillie six votes en deux jours avant d’être retirée. La proposition ci-dessous a simplement été refusée car elle “ne respecte pas la charte d’utilisation du site” (sic).

Restaurer l’unité de l’État

Que ce soit en tant que citoyen ou pour une entreprise, le sentiment dominant dans les rapports à l’administration est de faire face à un Léviathan dont la complexité n’a d’égale que l’indifférence. Tout se passe comme si la complication créée à l’intérieur de ce système par l’éclatement des responsabilités et l’empilement des réglementations avait dissous l’idéal de la vision et fragmenté l’unité de la mission. Il revient à l’usager et à l’entreprise, confrontés à l’intrication des procédures, d’assurer la cohérence du système. La moindre procédure vous oblige à traiter avec plusieurs administrations pour compenser l’absence de coordination interne.

Simplifier suppose donc de repenser le système de fond en comble, de reconcevoir les processus, non pas de l’intérieur, mais par rapport au service rendu vers l’extérieur. Ceci appelle une rupture dans les façons de penser et dans les pratiques de conception. Il faut trouver un autre point de départ pour aborder le système, faute de quoi nous nous condamnons à reconduire les pratiques existantes et nous ne les améliorerons qu’à la marge.

Certes, cette consultation est utile. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de collecter des idées d’amélioration, forcément partielles. Nous avons besoin d’élaborer une nouvelle architecture du système administratif, favorisant des processus intégrés et appuyés sur des systèmes d’information interopérables. Pour asseoir cette conception, il n’y a qu’un moyen, comme le montre la tradition méthodologique : commencer par dire l’essentiel à travers un modèle conceptuel. Puis, à partir de ce modèle, reconcevoir les processus, éventuellement réformer l’organisation et refondre le système informatique. Il y faut une vision d’architecture forte et, bien sûr, au-dessus des diverses administrations. Il y faut de la rigueur, une rigueur bien supérieure au niveau moyen des pratiques actuelles. La méthodologie d’entreprise Praxeme conviendrait parfaitement à cet effort, surtout grâce à son approche multi-système. On voit mal qu’un projet tel que la modernisation de l’action publique puisse réussir sans une méthode claire et vigoureuse.

N’oublions pas : il n’y a rien de plus difficile que de faire simple.

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