Les frontières du système

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C’est un sujet de fond : “quelles frontières et substance donnons-nous aux systèmes  que nous identifions ?” équivaut à “comment percevons-nous le réel ?” et donc à “en quoi sommes-nous capables d’agir intelligemment ?”.
Certes, l’ingénieur et sa rationalité particulière ont un rôle éminent à jouer, mais à condition :
  • de passer par un examen critique de leur limites et impact sur la société et l’environnement (pas toujours positif, il faut le reconnaître) ;
  • de se garder de l’idéalisme et de l’espèce d’angélisme qui nous masquent une partie essentielle de la réalité (particulièrement évident dans le cas des systèmes organisationnels, quand nos outils – modèles, “méta-règles”… – laissent échapper toute l’épaisseur sociale de la réalité).
Ce travail, nous ne pouvons le mener sans le soutien et les apports des sciences humaines.
Dans l’approche Praxeme, nous ne distinguons pas les systèmes par catégories (organisation, informatique, produit…). Nous voyons un objet, massif et plongé dans son environnement (= Système Entreprise ou système d’action), et nous l’attaquons par plusieurs côté, sous plusieurs angles (les aspects). Le postulat est que tout système comporte les 9 aspects (ou plutôt, qu’il se présente sous chacun des 9 aspects). Certes, chacun des aspects est plus ou moins développé selon la nature du système.
En tout cas, nous n’isolons pas arbitrairement des portions (organisation, système technique…) et nous encourageons à l’analyse des dépendances et interactions entre chaque composante (humaine, collective, technique…).

Quelques précisions sur Praxeme

  • La Topologie du Système Entreprise a germé de l’application du questionnaire du Quintilien, complété par un jeu sur le Quoi/Comment qui ordonne Système Entreprise, Système d’Information ou de production, Système informatique, comme des poupées russes. Le schéma actuel est une simplification de ce résultat (un petit coup de rasoir d’Occam par-ci par-là). Pour le reste, il faut reconnaître que la justification est plus empirique que scientifique. C’est justement un défaut que je voudrais corriger, même si je dois être le seul à le vouloir !
  • L’expression “Système Entreprise” a finalement été retenue parmi d’autres, comme “système d’action”, avec la précaution suivante : elle ne désigne pas seulement l’entreprise au sens de société, mais tout système organisé en vue d’une fin. Il y a eu des applications de Praxeme par exemple chez Thales, dans l’ingénierie amont, ou pour la DGA en partenariat avec Sagem et Dassault. Le framework méthodologique s’applique bien aussi à des systèmes d’armement, à des systèmes de systèmes et, après avoir écouté l’un des intervenants mardi, j’entrevois comment l’appliquer à des systèmes produits.
  • C’est sûr que dans mon contexte professionnel et celui de la plupart des Praxemiens, ce n’est pas le chemin qu’il nous est demandé de prendre (nous passons déjà pour des théoriciens, de doux idéalistes ou d’affreux révolutionnaires). En revanche, je crois qu’il nous faut nous organiser comme Pythagore – ou du moins comme la secte pythagoricienne -, en séparant un contenu ésotérique et une communication exotérique. Même si la méthode publique doit être à la portée du plus grand nombre, par définition, elle doit aussi être fondée sur un socle solide et indiscutable. C’est ce que j’attends de notre coopération avec les milieux scientifiques. Cet effort ne servira pas seulement à améliorer la méthode et à garantir les pratiques ; il renforcera aussi le rôle de la méthode publique comme vecteur pour apporter vers l’entreprise les savoirs académiques.
  • La correspondance entre les aspects du Système Entreprise et le Pourquoi/Quoi/Comment de CESAMES s’établit très facilement. Il faut y regarder de plus près, bien sûr. En dernier ressort, cela se joue sur le méta-modèle.

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