La crise : une excuse

3 Comments

Passé le moment fugace de l’exaltation, nous sommes, assez naturellement et en vertu de la loi du moindre effort, enclins à éviter l’action. Comme à chaque fois que l’imaginaire populaire se trouve saturé par l’image de la crise, le prétexte est tout trouvé. Dans nos métiers, en tout cas, c’est une réponse facile et imparable pour éloigner les importuns :

  • Monsieur, nous n’avons pas besoin de vos services, avec la crise les budgets ont été revus !
  • Refondre le SI, vous n’y pensez pas ! Nous avons d’autres urgences.
  • En pleine récession, pas question de perdre du temps à repenser l’organisation. On ne change pas l’équipage pendant la tempête…

Notez que, quand ce n’est pas la crise, d’autres arguments sont toujours à portée : le poids de l’existant, la stratégie d’outsourcing, l’orientation ERP, etc. Tout pourvu que l’on échappe à l’angoisse de la page blanche (sur la planche à dessin de l’architecte).
Cette remarque ouvrait la conférence “Méthode d’entreprise et transformation du système d’information en crise”, donnée le 30 avril à l’occasion des Assisses de la communauté Sustainable IT Architecture. Cela a été l’occasion d’aborder le thème :

Méthodologie et politique

La méthodologie d’entreprise doit-elle traiter de politique ?
Il ne s’agit pas de renoncer à l’exigence de rationalité qui caractérise la méthodologie. Au contraire, il est possible et souhaitable de transporter cette rationalité dans la cité et de l’exercer sur les problèmes du monde. Une partie des facteurs qui ont conduit à cette crise se trouve dans l’entreprise et les comportements que l’on y observe. Il est temps de s’y attaquer autrement qu’avec des discours moralisateurs et sans lendemain. Si nous voulons agir, la méthode nous y aidera.
La présentation commentée : Méthode d’entreprise et transformation du SI en crise

Politique et architecture d’entreprise partagent une même capacité à penser contre l’évidence massive et démoralisante.
Voilà un bon remède à la crise !

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3 Responses to “La crise : une excuse”


  1. Fabien Villard

    Des actions politiques conçues ! Le rêve…
    Fab.

  2. jdubray

    Je pense qu’il serait beaucoup plus facile de changer toute la couche de “management metier” (si elle merite encore ce titre). C’est beaucoup plus facile, ca coute presque rien, et ca ne peut que rapporter. Qu’avons nous a perdre d’une couche de la societe qui ne cherche qu’a s’enrichir au depends des autres et des structures qui les supportent?

    mes 2 (derniers) centimes

    JJ-

  3. DVAU

    Ouh la ! ça va loin.
    Mon intention n’est pas de remettre en cause la fonction de management, pas plus que j’imagine de dissoudre tout pouvoir dans la société. Bien sûr, le projet de la société anarchiste est tentant et, sans doute, le seul capable de réaliser pleinement l’essence de l’Homme. Mais la société pourra atteindre cet idéal, le jour où l’humanité aura atteint la maturité suffisante. Il est probable qu’elle disparaisse avant ce stade !
    Quant au management, il s’agit surtout d’en dénoncer les dérives et de réhabiliter une certaine rationalité. Certes, l’entreprise est un milieu traversé de plusieurs rationalités, la plupart légitimes. Ce qu’il faut dénoncer, ce sont les situations où la rationalité objective – disons “technique” – s’efface devant les calculs et les intérêts particuliers.
    Les managers ont un rôle essentiel à jouer dans la conduite et, plus encore, dans la transformation de l’entreprise. La méthodologie veut les doter d’un équipement intellectuel ainsi que des valeurs et orientations qui les aideront à discerner l’essentiel et à garder le cap.

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